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COP26 : le Sommet de Glasgow a-t-il changé la donne ?

Les 4 points à retenir de Glasgow et des récents rapports de l’ONU

Article rédigé par Jill Abelson

La COP26, sommet annuel des Nations Unies sur le climat s’est terminée il y a peu en Ecosse. Plusieurs rapports ont été publiés les semaines précédant cette nouvelle édition de la COP, soulignant chacun, une fois de plus, l’urgence d’agir. Deux semaines plus tard, de nombreux médias ont décortiqué les événements, classifiant les engagements pris par les États à la manière de Sergio Leon (“les bons, les brutes et les truands”), d’échecs cuisants, d’insuffisants, ou au contraire de prometteurs. Pour décrypter ces négociations et essayer d’y voir plus clair, nous avons tenté de les résumer en 4 points clés que nous allons essayer de retenir jusqu’à la prochaine COP27.

Car si les COP s’enchaînent année après année, il ne faut pas oublier que l’important n’est pas tellement la promesse faite sous les projecteurs, mais le changement qui s’opère – ou non – entre deux Sommets.

1. Plastiques et changement climatique sont inextricablement liés

Dix jours à peine avant la COP26, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié un nouveau rapport soulignant les effets du plastique océanique sur le changement climatique. Le bilan : la pollution plastique dans les océans et autres masses d’eau pourrait plus que doubler d’ici à 2030, et les conséquences menacent à la fois la mer et le littoral.

L’appétit du monde pour le plastique est un facteur important du changement climatique, et les deux problèmes sont étroitement liés. On estime que les plastiques représentent à eux seuls 15 % du bilan carbone mondial, soit l’équivalent d’environ 1,7 gigatonne de CO2. Si rien ne change, ce chiffre devrait presque quadrupler d’ici 2050.

Un autre rapport publié aux États-Unis à l’approche de la COP26 établit une comparaison étonnante : les émissions du secteur du plastique équivalent à celles de 116 centrales électriques au charbon l’année dernière. Au total, la pollution climatique due aux plastiques pourrait dépasser celle du charbon aux États-Unis d’ici à 2030.

Ces études et d’autres que nous suivons ne font qu’accroître notre motivation à contribuer à résoudre la crise de la pollution des océans.

Enfin, le rapport du PNUE attire également l’attention sur le faible taux de recyclage dans le monde : actuellement, moins de 10 % des plastiques sont finalement recyclés à l’échelle mondiale. Ce chiffre ne montre pas les grandes différences entre le recyclage dans les pays développés, avec des investissements plus importants dans les infrastructures de recyclage (et souvent des taux de recyclage plus élevés) et les taux dans le monde en développement, où les États ne disposent que de peu d’infrastructures nécessaires pour gérer les déchets plastiques.

Nous devons combler cet écart. C’est notre objectif, en dirigeant notre effort vers les 30 pays les plus touchés par ce fléau.

2. Les dirigeants des pays touchés s’expriment

Les dirigeants des pays les plus touchés par la crise climatique et plastique ont fait entendre leur voix lors du sommet COP26.

Walter Roban, Vice-Premier ministre des Bermudes, a prévenu que les pratiques irresponsables de gestion des déchets dans d’autres pays entraînaient des problèmes majeurs de pollution plastique pour la nation insulaire. « Le plastique s’échoue sur nos belles plages en permanence et ce n’est pas le plastique des Bermudes. Il vient d’ailleurs », a déclaré M. Roban. « Nous espérons que les États-Unis et d’autres grands pays s’attaqueront véritablement à la question de l’élimination des plastiques à usage unique pour résoudre ce qui est un problème océanique mondial que nous voyons tous les jours aux Bermudes. »

Des images valent souvent mieux que de longs discours et Simon Kofe, ministre des Affaires étrangères des Tuvalu, l’a montré en s’adressant aux dirigeants de la COP26 dans la mer du pacifique, avec de l’eau jusqu’aux genoux : « On ne peut plus attendre des discours quand nous voyons la mer monter jour après jour » a déclaré le ministre de ce pays menacé par la montée des océans. »

3. De nouvelles initiatives de recherche voient le jour

Plusieurs nouvelles initiatives ont été annoncées dans le cadre de la COP26, afin d’aider les scientifiques – et nous-mêmes – à mieux comprendre la crise des déchets plastiques.

Un projet conjoint entre trois universités anglaises a déployé des dispositifs de suivi de la pollution plastique dans l’océan au large des côtes écossaises, où la conférence a eu lieu.

L’université de Portsmouth a également annoncé la création d’un centre mondial des politiques en matière de plastique au cours de la COP26, afin de servir de « guichet unique de bons conseils en matière de politique plastique ». Le centre évaluera les différentes approches politiques de la crise de la pollution plastique et notera dans quelle mesure elles atteignent leurs objectifs.

Une expérience collaborative qui suit le mouvement des bouteilles en plastique dans l'océan © #OneLess

4. Le monde nous regarde.

Les ONG et les militants ont fait entendre leur voix. Glasgow a connu les plus grandes manifestations de la ville depuis la guerre d’Irak, notamment pour protester contre la présence des grands producteurs de plastique à la conférence COP26.

En février 2022, l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (AUE) créera un comité de négociation intergouvernemental, dont la tâche sera de commencer à élaborer un traité mondial sur les plastiques. Ce traité, s’il est adopté, permettra de réduire la production et la consommation de plastique vierge, d’adopter des objectifs de circularité pour le plastique et de fixer des objectifs stricts de prévention de la pollution pour les déchets plastiques.

Nous suivons la préparation du processus du traité sur les plastiques avec beaucoup d’intérêt et d’engagement, et nous sommes optimistes quant au fait que le monde continue de progresser vers une action collective.

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