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Visites terrain : retour sur plusieurs initiatives du recyclage rencontrées au Sénégal

Plastic Odyssey est parti à la rencontre des entrepreneurs du recyclage à Dakar. Voici quelques exemples d’initiatives rencontrées pendant l’escale.

L’entrepreneuriat du recyclage à Dakar se développe fortement

Les entrepreneurs du recyclage sénégalais sont de plus en plus créatifs et innovants. Ils utilisent des méthodes de collecte alternatives et des technologies durables pour surmonter les nombreux défis. Les autorités locales, de leur côté, sont également de plus en plus conscientes de l’importance de la gestion des déchets et mettent en place des politiques publiques visant à encourager le recyclage et à soutenir les entreprises qui s’y consacrent. L’entrepreneuriat du recyclage à Dakar est donc un secteur en pleine expansion, avec de nombreuses opportunités pour les entrepreneurs engagés à contribuer à un avenir plus durable et écologique pour la ville.

Ciprovis : améliorer la collecte à Dakar

Ciprovis, une entreprise basée à Dakar, est un acteur clé dans la gestion des déchets dans la région. Avant la création de Ciprovis, il n’existait pas de service formel de collecte des déchets dans de nombreux quartiers de la ville. Les habitants devaient souvent jeter leurs déchets dans les rues et les charretiers étaient chargés de les collecter, mais leur fiabilité était compromise en raison de la drogue. C’est alors que Ciprovis a introduit des tricycles pour la collecte de déchets de proximité, devenant ainsi la première entreprise à le faire à Dakar. Cette initiative a permis d’améliorer considérablement l’efficacité et la régularité de la collecte des déchets dans les quartiers.

Outre la collecte des déchets, Ciprovis s’est également engagé dans des efforts de sensibilisation auprès de la population pour améliorer le tri des déchets. Grâce à ces initiatives, ils ont réussi à augmenter leur collecte de déchets à 15 tonnes par semaine, ce qui a eu un impact significatif sur la réduction des déchets non triés et leur contribution à la pollution environnementale.

Communauté des pêcheurs

Nous rencontrons Moustapha, le doyen des pêcheurs sénégalais à Saint Louis. Moustapha nous explique les défis auxquels la communauté de pêcheurs est confrontée en raison de la pollution plastique qui affecte leurs activités de pêche. Avec les 3 000 pirogues qui opèrent quotidiennement au large des côtes sénégalaises, les filets sont souvent remplis de plastique, ce qui menace non seulement les océans, mais également la vie des pêcheurs qui dépendent de la mer pour leur subsistance.

Moustapha nous parle également du système autonome de retraite mis en place par la communauté de pêcheurs, mais qui s’effondre avec le départ des jeunes en quête de meilleures opportunités ailleurs. Cette situation préoccupante met en lumière les conséquences du phénomène de l’émigration des jeunes sénégalais sur les communautés locales et leur mode de vie traditionnel.

Nous visitons également l’aire marine protégée de Saint Louis, mais sommes choqués de constater que la plage est entièrement recouverte de plastique. Quelques opérations de ramassage sont organisées, mais le plastique s’entasse et personne ne sait quoi en faire pour le moment. De temps en temps, des entreprises viennent collecter les déchets plastiques, mais cela n’est pas durable et ne résout pas le problème à long terme.

Defarat

Nous rencontrons Boubacar et Babacar, fondateurs de l’initiative Defarat, qui ont commencé avec des machines de recyclage plastic Precious Plastic pour fabriquer des ailerons de surf. Bien que les débouchés soient limités pour l’instant, ils ont récemment investi dans des broyeurs industriels et cherchent à acquérir d’autres machines pour transformer davantage de plastique. Defarat fait partie d’un projet plus global appelé Hahatai, situé dans la commune de Gandiol, dans la région de Saint Louis, comprenant un centre culturel, un centre de formation à la cuisine, une résidence d’artiste, etc., en plein milieu des marais salants.

Le rotomoulage avec Utraplast

Nous visitons également Utraplast, une entreprise de rotomoulage qui fabrique des grands réservoirs d’eau et d’autres produits en plastique, tels que des fontaines d’eau pour l’UNICEF, des bancs et des tables pour les écoles, des tabourets, etc. Leur système de gigantesque four est impressionnant, avec un grand moule rempli de paillettes de plastique qui tourne à l’intérieur et se colle aux parois sous l’effet de la chaleur.

Mbeubeuss décharge

Décharge de Mbeubeuss

La décharge de Mbeubeuss, construite en 1968 sur un lac asséché, est un problème majeur de gestion des déchets à Dakar. Pendant plus de 50 ans, elle a fonctionné de manière anarchique sans mesures adéquates de protection de l’environnement aux alentours. Avec une superficie de 150 hectares et une hauteur maximale de 20 à 22 mètres, la décharge reçoit quotidiennement environ 3500 tonnes de déchets, collectés principalement par 2000 collecteurs, majoritairement des femmes.

La situation à la décharge de Mbeubeuss est préoccupante, avec plusieurs défis à relever. En plus du volume énorme de déchets, il y a également la présence de deux entreprises chinoises produisant environ 20 tonnes de granulés par jour à côté de la décharge, sans contrôle sur ce qui entre et sort de la décharge. Les départs de feu sont fréquents, et les nappes phréatiques sont polluées jusqu’à 10 kilomètres aux alentours.

Des travaux sont prévus pour agrandir la décharge en hauteur, en recouvrant la montagne de déchets avec du sable puis une géomembrane pour limiter les risques de pollution. Le lixiviat, qui est un liquide toxique issu de la décomposition des déchets, sera traité par évaporation. Cependant, il n’y a pas de dépollution prévue pour les eaux alentours de la décharge.



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